L’archéologue urbain / la Pointe-à-Callière

L’école de fouilles de Pointe-à-Callière, un partenariat entre le musée du même nom et l’Université de Montréal, existe maintenant depuis plus de huit ans. Elle est située dans un édifice anonyme de deux étages qui fait face à la place d’Youville dans le Vieux-Montréal, l’un des très rares endroits du secteur où le sous-sol n’a pas été creusé pour y ériger les fondations d’un immeuble plus imposant, d’où la conservation des vestiges. L’entreprise d’avitaillement Townsend était propriétaire du site jusqu’en 1998, date où la fondation du musée décide d’acheter le site pour sa grande valeur archéologique. De l’extérieur, on ne se doute pas qu’il y ait à l’intérieur l’un des sites les plus importants qui soit pour la connaissance des balbutiements de Montréal et de l’époque de la rencontre entre amérindiens et européens.

Plan de fouillesLe site est recoupé en sept phases successives d’occupation, associées à autant d’aménagements représentant l’évolution de Montréal:

  1. Les entrepôts Smith (1879 à aujourd’hui)
  2. Les magasins-entrepôts Gillepsie (1842 à 1879)
  3. L’édifice Dunlop (1804 à 1842)
  4. Le domaine de Callière (1765 à 1804)
  5. Le château de Callière (1695 à 1765)
  6. Le fort Ville-Marie (1642 à 1695)
  7. Sol d’origine (avant 1642)

Avec le temps, de nombreux remblais sont venus recouvrir les couches d’occupation; il faut se rappeler qu’il y a peu le site était toujours situé à mi-chemin entre le fleuve et la petite rivière, le terrain devait y être originellement très inégal et meuble, instable et prompt aux inondations. Pour contrecarrer ce fait, on rehausse graduellement le terrain avec de la terre et les débris des constructions précédentes, jusqu’à ce qu’on finisse par intégrer la petite rivière au réseau d’égout et par rehausser les rives du fleuve jusqu’à leur éloignement actuel. Raison pour laquelle aujourd’hui, les couches stratigraphiques associées aux débuts de la colonisation française se retrouvent à près de trois mètres sous le niveau du sol actuel.

Maçonnerie de pierre, fort de Ville-Marie

On ne connaît pratiquement rien de l’époque du fort de Ville-Marie, si ce n’est ce qui a été retrouvé sur place et sur le site voisin, à l’emplacement du musée. Des détails connus: à ses débuts, les habitants du fort inhumaient leurs morts dans un petit cimetière situé en marge de la palissade. Le point intéressant, c’est que tous étaient enterrés à cet endroit, amérindiens et européens, sans discrimination, notable du moins. Des détails moins connus: on y a retrouvé en 2007 ce que l’on croyait être un aménagement de forgeron, une maçonnerie de pierres en forme de “i” majuscule. En 2009 toutefois, un aménagement identique y a été retrouvé un peu plus au sud, parallèle au premier (voir le plan plus haut). Ils sont sans aucun doute reliés, mais jusqu’à ce jour impossible de savoir de quelle façon et à quoi ils pouvaient bien servir. Des idées?

Depuis, nombre d’objets et aménagements incongrus ou uniques y ont été retrouvés: un cadran solaire, dont ont a au départ associé les fragments à de l’ardoise recouvrant les toits, un puits datant de l’époque du fort de Ville-Marie et situé en face de la résidence de Maisonneuve et tout récemment une figurine d’argile couronnée, dont on cherche activement à savoir ce qu’elle représente (pas facile avec la mauvaise qualité de l’image).

Bref, il reste énormément à découvrir à cet emplacement. Heureusement les fouilles ne sont pas terminées et devraient se prolonger encore quelques années, jusqu’à ce que cette portion du site soit raccordée à la crypte archéologique, tel qu’annoncé dernièrement dans les plans d’agrandissement du musée Pointe-à-Callière (voir le no. 4 sur l’image).

One comment

  1. Hi Alex,
    It was great meeting you and having you stay with us in Fredericton…
    I have some photos to send you; please provide me with your e-mail address.
    many thanks…
    Michael Khoury

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