Le hockey à Montréal: transporter des passions et des gens

packed metro platform after the habs game

Le quai de la station Lucien-l’Allier après un match des Canadiens au Centre Bell (photo: Alanah Heffez)

 

Enfin, c’est le mot qui est venu à l’esprit de nombreux montréalais la semaine dernière, lorsque s’est confirmé le retour de nos Glorieux. Bien que le  conflit de la Ligne Nationale de Hockey (LNH) gagnait de plus en plus d’adeptes au chapitre des indifférents, il n’en demeure pas moins que la présence du hockey à Montréal a de multiples impacts sur la métropole.

Sans hockey, plusieurs bars et restaurants, incluant le Centre Bell et ses alentours, connaissent une baisse de clientèle les soirs de matchs. Les clients arrivent à des heures plus tardives la fin de semaine et ils sont tout simplement ailleurs les soirées de semaine.  Selon l’Union des tenanciers de bars de Montréal, plusieurs bars étaient en proie à la faillite à cause du Lock-out de la LNH. Pourtant, certains suggèrent que le hockey soit meilleur pour le moral que pour l’économie.  Mais pour la ville qui a vu naitre ce sport, le moral n’est ce pas un peu l’économie aussi ?

Avant la neige, le hockey

À Montréal, l’isolation du hockey face aux autres sports en tant qu’objet de galvanisation sociale n’a que renforcé notre nordicité. Notre sport national allège les rigueurs de l’hiver et la fièvre des séries annonce celle du printemps. L’hiver, la ville est différemment rythmée, car les comportements sont étroitement liés à la température.  Si la tempête du 27 décembre dernier a figé la ville pour quelques jours, le lock-out qui s’est confirmé en septembre a aussi modifié la dynamique de la mobilité montréalaise.

Des quartiers dynamisés

En allant voir un match dans un restaurant sportif le mardi après le travail avec des collègues, ou en commandant bière et pizza chez des amis un samedi soir, les partisans génèrent des milliers de déplacements dans un laps de temps défini, soit avant et après le match. Ces déplacements sont souvent récurrents, pouvant aller de une à quatre fois par semaine en saison régulière.

Les bars de quartiers jouent un rôle essentiel dans le dynamisme des artères commerciales locales, notamment en prenant le relais des plages horaires des commerces et services ouverts de jour. Le hockey, surtout lorsque l’équipe joue en ville, diversifie les déplacements et l’activité urbaine en plus de générer un sentiment d’appartenance de certains citoyens envers leur ville.

Lorsqu’il n’y a pas de hockey, les gens effectuent d’autres activités, vont au cinéma ou regardent des séries télévisées à la maison. Ces autres activités modifient les flux de mobilité, notamment en limitant l’importance des générateurs de déplacements thématiques que sont les bars, les restaurants et le centre-ville.

Le Centre-ville

C’est tout de même un minimum de 21,273 personnes qui affluent vers le centre Bell les soirs de match. Annuellement, cela génère des millions de déplacement vers le Centre-Ville et hors de celui-ci après les matchs. Contactée à cet effet, la Société de transport de Montréal (STM) mentionne que l’achalandage aux stations Bonaventure et Lucien-L’Allier  est jusqu’à six fois plus important lors des matchs du samedi. Sans compter les navettes de bus déployées pour limiter la congestion routière dans ce secteur. Situé au cœur d’un nœud intermodal majeur (Gare ferroviaire Lucien-L’Allier, Autoroute 720,  2 stations de métro et plusieurs lignes de bus), la position stratégique du Centre Bell permet d’optimiser les infrastructures de transport. D’ailleurs, toujours selon la STM, les fans du Canadiens sont désormais 40% à voyager en transport collectif, contrairement à 17% il y a 5 ans, période d’inauguration du métro de Laval.

Le pouvoir d’attraction du centre Bell (pour ce qu’il héberge et probablement pas pour son enveloppe) consolide le positionnement du centre-ville  comme élément clé d’une métropole comme Montréal. L’explosion de développement immobilier autour de l’aréna des Canadiens, qui fera émerger 4 tours d’habitation majeures pour Montréal en témoigne. Qui sait, peut-être que hockey contribuera au retour de certains banlieusards en ville ?

One comment

  1. Il y aurait d’ailleurs toute une réflexion à faire sur cette nouvelle tradition de «regarder le hockey dans les bars de quartier» qui nous révèle un certain nombre de choses (en outre, que les gens vivent seuls, que beaucoup n’ont plus de télé et qu’ils sont à la recherche d’espaces publics pour être avec d’autres personnes).

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