Le parc sans nom toujours abandonné

Parc sans nom

Un an après le centre d’artistes Dare-Dare a quitté le Mile-End pour s’établir au square Cabot, le fameux parc sans nom reste toujours abandonné. Jean-Pierre Caissie, ancien directeur artistique de Dare-Dare, y réfléchit :

un parc sans nom existe toujours dans l’arrondissement Plateau-Mont-Royal. au coin du boulevard Saint-Laurent et de la rue Van Horne, se trouve un espace public clôturé et qui semble servir de dépôt(-oire) pour l’arrondissement montréalais.

pourtant, le centre d’artistes autogéré DARE-DARE y a passé deux ans à organiser des expositions, à y faire rayonner des projets d’art public. après deux ans, les élus de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal (qui se déclaraient d’ailleurs «proche» des artistes) n’ont pas renouvelé la permission pour DARE-DARE d’occuper le parc sans nom et d’y diffuser des activités artistiques.

ces dernières années, quelques citoyens du quartier immédiat ont construit un four à pain dans ce parc sans nom. il a été opérationnel pendant quelques mois avant que l’arrondissement Ville-Marie et le Service de prévention des incendies déclarent illégales ces activités de cuisson, car non respectueuses de la législation locale. après tentatives d’entente, le projet a été abandonné, comme l’a finalement été le parc sans nom.

Il y a quelques jours, la four à pain a été démolie par l’arrondissement.

je suis impressionné de l’administration publique de l’arrondissement qui fait tout en son pouvoir pour restreindre la volonté populaire et l’expression de ses citoyens. il semblerait même qu’elle ait de la difficulté à comprendre les évènements qui sortent de l’ordinaire, comme si l’imagination et la compréhension étaient chose rare parmi les élus et la fonction publique à Montréal ou du moins dans l’«arrondissement des artistes»…

J’ai parlé plusieurs fois avec Jean-Pierre sur la relation entre l’art et la ville. En intégrant l’art avec la vie de quartier, Dare-Dare le rend plus démocratique et plus accessible aux citoyens. Pendant ses deux ans au parc sans nom, Dare-Dare a transformé un terrain clôturé en espace vivant, accueillant et créatif. La fermeture du Parc sans nom nous prive d’un lieu d’expression artistique populaire.

De plus, comme vous avez lu le mois dernier, on risque d’en perdre un autre. La Maguire Meadow, qui se trouve à quelques coins de rue du parc sans nom, subit le même genre de répression. Espérons que son destin se révéle heureux.

2 comments

  1. Il faut comprendre que toute activité dans un endroit public doit être soumise à l’approbation préalable des autorités afin d’assurer pleinement que la législation pertinente soit respectée afin de garantir que l’existence des citoyens ne soit pas indûment perturbée par des activités marginales, par exemple, la cuisson de pain dans un four artisanal qui ne répond sûrement pas aux normes environnementales édictées afin d’assurer une qualité de vie certaine aux citoyens.

    Il existe des canaux officiels pour permettre l’autorisation de telles activités une fois leur innocuité reconnue, et il est nécéssaire de les suivre pour les faire approuver, de cette façon, on sera assuré que le bonheur de tous sera préservé de façon durable.

  2. Bienvenus les bureaucrates, bye bye les créatifs!

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *