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Canadian Urbanism Uncovered

Mixité EXTREME Mixing

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Un club échangiste (édifice beige) dans un quartier résidentiel

So I finally decided to write a post in both official languages. Not to be politically correct, but because (I think) the subject of urban mixing in Montreal lends itself particularly well to a mixing of languages.

J’écrivais, il y a quelques semaines de cela, que la cohabitation serrée et inusitée de choses opposée sur le plan symbolique à Montréal est en grande partie le résultat d’une politique de laissez-faire qui a permis aux commerçants, aux industriels et aux promoteurs de construire la ville à leur manière.

That being said, I’m not one to believe that a given structure – be it regulatory or economic – can determine alone the way the city develops. Structures themselves often develop around existing cultural practices and, in turn, contribute to changing these practices and so on and so forth. Interest groups ask for certain rules to be put in place, which make buildings look a certain way. The dominance of a certain built form eventually « normalizes » certain morphological features – such as the outdoor staircase in Montreal, which we find perfectly normal even though it is completely at odds with our climatic reality. But then people eventually adapt the built form they inherited to their own needs, which might bring about new sets of rules, as when people in central neighbourhoods started paving their backyards to be able to park their cars “off-street”. This caused drainage problems in certain areas and eventually brought about news rules – which will no doubt be challenged by new cultural practices.

One might conclude, about zoning in Montreal, that chaos begets chaos – and that the lack of coherent zoning in many areas of this city is somehow “entrenched” and unchangeable. But could it not be that our own cohabitation with a strangely mixed built form has made us more tolerant of “misplacedness”, and therefore less likely to challenge it? One could argue, of course, that a diverse urban environment is likely to “select for” traits of tolerance or indifference, which might act as a kind of natural selection. But isn’t it possible that exposure to mixing might make one more tolerant or indifferent (and in certain cases, less tolerant)?

Je prétends donc que la mixité omniprésente des formes et des usages à Montréal a généralement pour effet soit de nous faire apprécier le mélange des genres, soit de nous immuniser contre l’indignation de voir côte-à-côte des objets ou des personnes qui ne vont pas « normalement » ensemble. J’irais même plus loin en affirmant que Montréal nous habitue à la « mixité extrême » – c’est-à-dire l’extrême incongruité. Le meilleur ensemble (que je connaisse) est certainement celui du Sauna 3333, situé au 3333 Bélanger juste à l’est du boulevard St-Michel, qui selon ses propriétaires est le « plus gros club échangiste au Canada » avec ses 16 500 pi.ca. (!!!!).

Le Sauna 3333 se trouve au premier étage et au sous-sol de ce bloc appartement

Several questions come to mind when walking past the rather conspicuous neon sign in front of the Sauna 3333, which is located on the first floor and basement of an appartment building: what is a hetero-bi-gay swingers’ club doing in a predominantly residential area where there are no bars nor even restaurants opened at night? How does residential zoning allow for such uses? More importantly, what did the nearby residents have to say when the 3333 opened up in 2003?

The fact of the matter is that the current zoning (Category C.1(1) A) allows for medium-density housing as well as for “complementary” commercial uses (which includes such things as grocery stores, drug stores, art galleries that bookstores that have a floor area of less than 100 m2) – but does not allow bars, restaurants, let alone dance clubs or sex clubs. What is more, the zoning bylaw specifically states that businesses having to do with eroticism (“établissements exploitant l’érotisme”) cannot have a floor area exceeding 250 m2 (or about 2 691 square feet). So what’s the catch?

The catch is quite simple: the 3333 has a “hostel” permit, and hostels are allowed in areas falling into the C.1(1) category. That, however, does not explain how the borough of Villeray – Saint-Michel – Parc-Extension let a swingers’ club get away with a hostel permit. It is possible that the person who processed the application at the borough did not realize that the word “sauna” (which forms part of the name of the establishment) generally refers to something other than a “hostel”. In other words, it could have been a mistake.

More likely, though, the people at the borough suspected that nearby residents in Villeray – Saint-Michel – Parc-Extension (many of whom are immigrants) would not complain. As for residents of Rosemont – Petite-Patrie living on the other side of the street, their complaints (if there were any) would probably not reach them. And my guess is, there were probably right. If anyone was offended, no one bothered to fill-in a formal complaint or to show up at the borough council meeting (which is held at the borough offices in Parc-Ex, several kilometers west of there) – or else there would have been a story written about it.

Ce n’est donc pas là un cas de laissez-faire réglementaire mais plutôt un cas de vivre et laissez-vivre. Or perhaps a manifestation of citizen disenfranchisement. Quoiqu’il en soit, il semble évident qu’on ne fait pas toujours la ville à notre image; elle aussi, parfois, nous fait lui ressembler.

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7 comments

  1. Joel vous dites “la mixité omniprésente des formes et des usages à Montréal a généralement pour effet soit de nous faire apprécier le mélange des genres, soit de nous immuniser contre l’indignation de voir côte-à-côte des objets ou des personnes qui ne vont pas « normalement » ensemble.”

    Je pense qu’elles vont justement « normalement » ensemble et que nos cités souffrent beaucoup de ce zonage catégoriel qui transforme les quartiers en zone bourgeoise, résidentielle, industrielle, commerciale. Je préfère de loin la mixité urbaine retrouvée dans certains centres asiatiques. La vie d’un quartier est souvent possible grâce à la mixité de ces éléments.

    Bien sûr mettre une grande entreprise petrochimique au milieu d’un quartier résidentielle est dangereux et nuisible mais il y a là une question de taille respective (quoique… autre sujet) et de danger direct pour la santé. En revanche nombre d’ateliers et de commerces devraient être conservés et encouragés dans les immeubles. Les personnes qui sont indépendants et vivent de l’industrie informatique, du design, etc. le font déjà en partie en mélangeant de nouveau l’atelier et l’appartement.

    Il y a également tous ces espaces entre les immeubles parfois inutilisés où je préférrais voir un réparateur de chaussures, un fabricant de clés, un vendeur de nouilles ou de fruits, plutôt que d’avoir à aller dans un centre commercial.

  2. Règle générale, je suis en faveur de la mixité urbaine, par contre le cas que vous avez cité est un exemple de l’impuissance de personnes relativement pauvres et sans-voix. Les bordels et partouzes des quartiers chics sont autrement plus discrets.

    En passant, je DÉTESTE les textes bilingues (sauf citations dans une langue autre que le corps du texte). Je pourrais vous répondre en 5 ou 6 langues intercalées, mais ça ferait un charabia indigeste.

  3. I, too, hate bilingual texts, in fact much more than racy “hostels” in residential neighbourhoods. Compared to bars which produce lots of noise and eject loud drunk people at 3:00 a.m., a sauna’s impact on its neighbours is pretty much zero. It may be swinging inside, but from the outside, you’d never notice anything if it weren’t for the neon sign and a constant smell of bleach and fabric softener from all those sheets and towels they wash.

  4. Je suis d’accord, Karl, que la mixité est une chose parfaitement normale et désirable dans la très grande majorité des cas. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai mis “normalement” entre guillemets (parce que ce qui est considéré comme normal ou standard dans un contexte ne l’est pas nécessairement ailleurs).

    Par ailleurs, je dois avouer que je vais parfois marcher dans les rues très résidentielles d’Outremont à l’automne et qu’à ces moments précis je me dis que la ségrégation des usages peut avoir du bon. Et que serait l’hétéroclite avenue du Parc si elle ne bordait pas un quartier homogénéisé comme Outremont? Très différente, sans doute (peut-être plus comme la rue Papineau, qui est franchement repoussante).

    Pour ce qui est de l’écriture bilingue, j’avoue que je l’ai fait un peu par provocation… et les deux derniers commentaires me portent à croire que ça a fonctionné. Blague à part, je trouve intéressant que nous tolérions sans problèmes les conversations bilingues dans la rue et les des blogues bilingues (comme celui-ci), mais pas les textes bilingues. Il faut admettre que l’hybridité des langues fait partie intégrante de ce qu’est Montréal. À Montréal, la langue marque l’espace. Et il n’y a aucun doute selon moi que la cohabitation des langues dans l’espace public favorise la mixité sociale et urbaine.

    Si on considère véritablement Spacing comme un espace public (virtuel), il ne faudrait pas se surprendre de lire de l’anglais et du français dans le même texte, puisque c’est ainsi que de nombreux jeunes Montréalais s’expriment. Vous n’avez qu’à aller faire un tour sur le quai du métro Lionel-Groulx, vous verrez de quoi je parle. Je ne dis pas qu’on devrait faire l’effort d’écrire dans les deux langues, comme je l’ai fait. Mais il me semble que si une personne voulait s’exprimer ainsi, qu’elle ne devrait pas se gêner.

  5. Même si je ne compte plus comme très jeune, je change constamment de langue dans mes conversations aussi, sans problème et avec grand plaisir. Les touristes en ville, même ceux qui parlent plusieurs langues, sont constamment surpris de notre capacité et fluidité de changer de langues comme ça, tout naturellement — parfois des mots, parfois une suite de mots, parfois des phrases. Et du point de vue linguistique, le changement n’est pas par pur hasard : Google « code switching » pour en savoir plus.

    Par contre, un vrai texte écrit est très différent du langage parlé — c’est une suite d’idées et de mots bien planifiée. Un tweet bilingue ne me dérange pas par exemple — c’est du parlé transcrit. Mais si dans un texte écrit on change de langue pour aucune raison, ça sent un exercice de style; aussi ma tête dit : « voici quelque chose de nouveau, car c’est dans une autre langue » et je dois faire un travail pour continuer la conversation. Tout ça m’éloigne de la lecture et me fait remarquer l’écriture, et ça me dérange.

  6. I don’t see why Joel stresses the impact on the neighbors so much. It’s not like we live in the 19th Century and everyone goes to church and believes in the antichrist.

    As Tristou says, it may be swinging inside, but that kind of swinging doesn’t make very much noise or greenhouse gasses.

    For sauna-goers, only the parking of their cars could punish the outside world.

  7. Bén, moi j’aime quand c’est mixte in the same phrase. C’est beaucoup plus le fun and everyone gets to play.

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