Une intersection à l’échelle de Montréal

Contribution spéciale. Alexandre Campeau-Vallée travaille en aménagement  depuis plus de 5 ans, particulièrement en art urbain et en verdissement. Il s’intéresse aussi à ce que la photographie peut apporter à la perception de l’espace.

Qu’elle est l’intersection la plus importante de Montréal?

Lorsqu’il est question des symboles forts d’une ville, les choix tendent habituellement sur les ouvrages architecturaux monumentaux, les grandes places publiques, les éléments géographiques caractéristiques et finalement sur la qualité – ou encore le style – de vie qui fait la renommée de cette ville. La question, posée à l’échelle d’une intersection, devient plus complexe : qu’est-ce qui fait qu’une intersection est la plus notable, la plus importante d’une ville?

Regroupement d’édifices majeurs, noeud intermodal, lieu historique…ces critères suggèrent d’emblée des intersections comme la Berlinoise Potsdamer platz  ou encore la 42e et Broadway (Times Square). Montréal ne possède aucune place notoire de ce type. Cependant, ces critères peuvent s’appliquer à une échelle différente.

Sainte-Catherine coin Saint-Laurent

Son bagage historique et son positionnement géographique suffisent à en faire une intersection incontournable.
Si je propose cette intersection comme étant la plus importante pour Montréal, ce n’est toutefois pas pour les raisons habituelles, du moins pas uniquement. Selon moi, le coin de rue Saint-Laurent/ Sainte- Catherine est le plus important de Montréal, car il représente plus que toute autre intersection ce que Montréal tend à être durant les prochaines décennies.

Réaménagement, définition, volonté, écueils

D’emblée, il  est important de considérer cette intersection comme faisant partie d’un ensemble compris entre le métro Saint-Laurent au nord, la SAT et le monument national au sud, le Métropolis à l’est et la future maison du développement durable à l’ouest.

Déjà, la table est mise.

Cette intersection est la plus importante de Montréal, car elle témoigne de la volonté de la ville de réaménager et de définir ses secteurs clés (Quartier international, des spectacles, Havre, etc.)

Cette intersection est la plus importante de Montréal, car elle illustre à merveille les écueils des « grands chantiers ».

- L’éradication d’un pan historique du Red light au profit d’un projet nébuleux.

- La volonté de doter de la métropole de nouveaux symboles architecturaux forts (et certifiés LEED) comme le 2-22 ou la Maison du développement durable.

Dans le cas du premier, les débats d’édulcoration des dessins initiaux n’ont eu d’égal que le niaisage administratif et, dans le second, le remaniement des partenaires, des plans et des bailleurs de fonds n’ont fait que soulever la question : Montréal as t’elle  les moyens de ses –modestes – ambitions.

En somme, cette intersection est importante parce qu’elle soulève l’essence du débat urbanistique inhérent à une ville de la taille de notre métropole : tirer son épingle du jeu au niveau international en accumulant les bons coups de moyenne envergure, à la recherche d’une solution urbanistique futée.

Photo par Tristan Brand

One comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *