Verdun : un portrait photographique (Le social)

La mixité des âges par Émile THOMAS

Allez. Débarquez à la station De l’Église. Regardez autour de vous. Prenez note, que l’État est un fait de nature, que naturellement l’homme est un être sociable, et que celui qui reste sauvage par organisation, et non par l’effet du hasard, est certainement, ou un être dégradé, ou un être supérieur à l’espèce humaine.

De là, cette conclusion évidente, nous découvrirons les particularités verdunoises qui rend cet arrondissement sociable.


Les terrasses à Verdun par Émile THOMAS

Les terrasses

À l‘instar d’autres arrondissements (notamment Le Plateau Mont-Royal et Ville-Marie), Verdun permet aux propriétaires des cafés et des restaurants de construire des terrasses sur les trottoirs devant leurs établissements. Le stationnement devant ces terrasses est corollairement réaménagé en trottoir avec des bacs à fleurs. La construction des terrasses crée un lieu plus sympathique qui favorise les échanges sociaux. Elles servent de lieux de détente et assument les fonctions d’une place publique malgré qu’elles appartiennent au privé. Ici, le résident peut rencontrer ses amis, ses voisins, et sa communauté – ce qui rend la vie dans un quartier dense plus agréable. Grâce à un ancien règlement local qui interdisait les bars sur le territoire de Verdun, ces terrasses demeurent plus tranquilles qu’ailleurs à Montréal.

La mixité sociale à Verdun par Émile THOMAS

La mixité sociale

Comme mentionné auparavant, l’arrondissement de Verdun se divise en trois quartiers ayant des profils sociodémographiques différents. Néanmoins, à présent, l’embourgeoisement redonne une nouvelle vie à même les secteurs très défavorisés dans Wellington-de-l’Église. Les Montréalais aisés viennent s’installer à Verdun. En même temps, les populations immigrantes ont également découvert ce coin de la ville. Cette nouvelle population amène l’implantation de nouveaux services (des cafés, des lieux de cultes, des épiceries) et, par suite, diversifie le quartier. Un quartier hétérogène signife que ses résidents ne doivent pas quitter les environs pour rechercher des services particuliers. Toutefois, la cohabitation de différents groupes ne s’avère pas toujours simple. Chaque groupe, fraîchement arrivé, a ses propres coutumes, traditions, et modes de vie qui peuvent générer des conflits avec les anciens résidents : le jeune fêtard contre le vieillard grincheux. Le restaurant vietnamien contre la gargote québécoise. Les appartements cossus contre les habitations à loyer modéré.

L’appartenance à la communauté de Verdun par Émile THOMAS

L’appartenance à la communauté

Bien que Verdun ne soit plus une municipalité, le sentiment d’appartenance à Verdun continue à dominer l’esprit des Verdunois. Aux entrées de l’arrondissement, le visiteur est accueilli par « Bienvenue à Verdun ». Les panneaux sur les bâtiments et dans les rues utilisent rarement le mot « Montréal ». La mairie est un édifice imposant qui sied à une ville importante. Plusieurs espaces publics servent de nœuds et de repères pour la population locale. Même la manière de parler me semble un peu différente. Ce sentiment de communauté fait en sorte que les habitants restent sur le territoire pour leurs services. Il semble qu’ils fréquentent les épiceries locales, l’église locale, et l’école locale, car tout le monde se connaît. Ils accèdent à tout cela par le transport actif et le transport en commun. On n’a pas besoin d’aller à l’extérieur de Verdun pour ses services ; on n’en veut pas de toute façon.

La mixité des âges par Émile THOMAS

La mixité des âges

Un quartier vivant se définit par sa mixité des âges pour qu’il reste vivant et qu’il perdure. À Verdun, on observe les actions de ses habitants divers : les enfants jouent dans les rues, les jeunes adultes bavardent dans les cafés, les couples dans la quarantaine font du jogging, et les personnes aînées se promènent. Il y a des services pour tous les âges : des écoles, des garderies, des cliniques, ainsi de suite.

Ne manquez pas le dernier chapitre dans ce portrait photographique de Verdun – Le transport.

Texte liminaire
1e chapitre : L’aménagement
2e chapitre : Le social
3e chapitre : Le transport

3 comments

  1. Je n’aime pas la station de l’Église. Trop sombre. Trop sale. La station Verdun est plus chouette.

  2. Je réitère ce que je disais en commentaire du premier texte : les bars ne sont plus interdits à Verdun depuis 1996. Voici l’histoire (tirée du metrobars.blogspot.com – écrit par moi au départ) :

    «La loi Scott, en vérité la Loi de tempérance du Canada, trouva source en 1864, alors que le parlement du Canada-Uni adopta un règlement tel que décrit plus haut. Quatorze ans plus tard, la loi fut étendue à l’ensemble des provinces britanniques de l’Amérique du Nord (qui n’étaient pas encore toutes canadiennes).
    En 1898, le gouvernement canadien posa la question suivante à ses citoyens par voie de référendum : «Êtes-vous favorable à la passation d’une loi défendant l’importation, la fabrication ou la vente de spiritueux, vins, bière, ale, cidre et de toutes autres liqueurs alcooliques comme breuvages?» L’option du OUI l’emporta par 51,2 % à l’échelle canadienne. Cependant, cette loi épeurante ne fut jamais adoptée par le parlement, notamment en raison de son rejet par une seule province… Le Québec fut seul à voter NON, par un massif 81,5 %.
    Le gouvernement fédéral laissa les provinces décider elles-mêmes.
    C’est ainsi qu’en 1919, au Québec, une question référendaire d’une orientation assez différente fut formulée : «Êtes-vous d’opinion que la vente des bières, cidres et vins légers, tels que définis par la loi, devrait être permise?» Le OUI l’emporta par 78,62 %, ce qui limita la prohibition provinciale aux spiritueux à partir de cette même année. Seules sept circonscriptions votèrent NON à ce référendum, dont celle de Huntingdon. Stéphane Gendron avait-il un arrière-grand-père militant?
    À partir de ce moment, le Québec était le seul endroit au nord du Mexique où de l’alcool était vendu légalement.
    Deux ans plus tard, la prohibition fut déjà abolie au Québec, et la Commission des Liqueurs du Québec vit le jour. Elle devint plus tard la SAQ et nous l’aimons tendrement.
    De son côté, Verdun adopta un règlement en 1965 interdisant l’établissement de certains débits d’alcool à l’intérieur de ses limites, mais ce règlement fut abrogé en 1996. Conséquement, il y a des bars à Verdun. Probablement pour des raisons historiques, il y en a cependant très peu, et on trouve plusieurs vieilles tavernes immédiatement à l’extérieur des frontières de l’arrondissement.»

    Par exemple, le resto bar Nouveau Verdun, qu’on voit sur votre photo, est en fait un restaurant flanqué d’un bar. Celui-ci est vraiment un débit d’alcool et ne requiert aucune prise de nourriture.

    Le bar billard Desmarchais, presque juste en face, en est un autre exemple.

    Sources : 
    The Canadian Encyclopedia
    Ville de Montréal

  3. Merci pour votre explication intéressante, Alexandre.

    En fait, j’étais très occupé les 2 dernières semaines que j’ai complètement oublié d’apporter des corrections au texte avant qu’il se publie :)

    Je croyais, selon des Verdunois avec qui j’ai parlé, qu’il n’y avait que des restos-bars à Verdun.

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